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Le Seigneur des Anneaux
: Les Deux tours, de Peter Jackson
sortie le 18.12.02
Quel est donc l'objet que l'on nous propose en ce
moment d'aller voir sur environ mille écrans français ?
Film sans début et sans véritable fin, il est censé
constituer la partie centrale d'une trilogie et en cela ne concède
en rien aux conventions narratives les plus basiques (exposition, progression
du récit, etc.). D'ailleurs de récit il n'est pas. Trois
groupes de créatures, deux doublons de hobbits et un trio multi-ethnique
voyagent à un rythme plus ou moins soutenu à travers les
Terres du Milieu. La plupart des spectateurs connaissent ces individus,
qu'ils aient vu le premier film ou soient vaguement familiers du roman,
toujours très prisé de certaines confréries adolescentes,
mais on a du mal à concevoir si c'est un avantage ou non.
Lorsque le premier épisode parvenait à maintenir l'attention
par l'action et la présentation de ce qu'il ne faut pas avoir peur
d'appeler un "univers", le deuxième ne garde de ces élements
qu'une bataille de masse, les deux premières heures et demies étant
dévolues à quelques voyages (mais peu de paysages), de nombreux
aphorismes entrecoupés de quelques vannes sur les "personnes
de petite taille". Le tout truffé de trucages numériques,
parfois techniquement réussis mais tellement "exposés"
qu'ils en sont antipathiques (le personnage de Gollum/Smeagold), parfois
pas du tout (la fumée à l'horizon d'un paysage, le premier
plan "mouvant" lors du voyage de Merry et Pippin sur l'Ent).
Les séquences se juxtaposent afin de suivre les trois groupes de
façon à peu près équitable. Mais on est loin
de la trilogie de Lucas Belvaux, car l'interaction entre ceux-ci est nulle.
Difficile de faire ce que l'on a coutume d'appeler "un film de cinéma"
dans ces conditions ! Mais ne nous inquiétons pas puisque le réalisateur
lui-même nous confirme qu'à ses yeux, seul compte l'ensemble
constitué des trois épisodes. Et encore, pas la version
cinéma tronquée mais la somme des trois "versions longues
intégrales" réservées (avant une probable ressortie
un jour) au marché DVD. Après tout, pas d'inquiétudes
si, devant ces fragments de téléfilm, on se soit royalement
ennuyé !
Grégoire.
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