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Dans ma peau, de Marina de
Van
sortie le 04.12.02
Avant d'aller voir le film de Marina de Van, vérifiez
que vous avez le cur bien accroché. Et évitez autant
que possible, même dans un compréhensible souci d'économie,
la séance du matin. Léger malaise dès le générique.
Pas pour ces split-screens annonciateurs de l'esprit du film qui
présentent, en deux version dont l'une solarisée, des vues
urbaines et immobiles, mais de constater la présence aux crédits
d'un "directeur d'acteur". Certes, Marina de Van ne peut à
la fois interpréter Esther, le rôle principal, et être
derrière la caméra, mais cette dichotomie cachée
de la mise en scène est surprenante.
Esther, donc, est une jeune femme pour laquelle la vie semble prendre
un tour favorable : elle est enfin embauchée après plusieurs
années d'intérim, et à un poste de responsabilité,
son ami Vincent également, ils emménagent ensemble, envisagent
d'acheter acheter un appartement
Mais Esther souffre d'une inquiétante
dé-réalisation des membres. Lors d'une soirée, elle
se blesse en tombant, mais ne se rend compte de la gravité de sa
plaie que quelques heures plus tard, en voyant le sang. Dès lors,
elle multiplie les transes qui la voient se fasciner pour ces pertes de
sensibilité qu'elle teste en s'entaillant, se scarifiant volontairement,
pour finir par se desquamer à coups de dents.
Entre des dialogues trop détachés se succèdent donc
des scènes qui regroupent le pire de ce que Ghosts of Mars
ou Trouble Every Day (la ressemblance entre MdV et Béatrice
Dalle accentuant le trouble) pouvaient proposer, le recul de la fiction
en moins. Cependant, lorsque le contenu s'avère moins cru, on pourra
quand même remarquer une utilisation plus qu'à-propos de
la (dé)coupe, du cisaillement qu'induit un nouveau split-screen.
Grégoire.
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