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Ivre de femmes et de peinture,
de Im Kwon-Taek
Sortie le 27.11.02
La découverte du coréen Im Kwon-Taek
par le public européen date de l'an 2000, lorsque son Chant
de la fidèle Chunhyang fut présenté à
Cannes. Rebelote cette année, puisque Ivre de femmes et de peinture
y a même reçu le prix de la mise en scène.
Ce nouveau film, comme le précédent qui mêlait la
reconstitution en costumes d'une célèbre légende
à sa représentation en pansori (opéra récitatif
traditionnel), est à la fois conforme à ce que l'on peut
attendre d'un vieux maître (il a réalisé près
de cent films) et, comme souvent dans les films en provenance d'Extrême-Orient,
une bonne surprise cinématographique. Im Kwon-Taek pervertit en
effet la forme du biopic que l'on s'attendait à voir : si
c'est à l'occasion d'une visite de journaliste que le peintre Ohwon
commence à se remémorer son enfance, ses origines roturières
et la difficulté d'imposer son talent, la structure en flash-back,
sautant d'une époque à une autre grâce à quelques
cartons explicatifs, va se poursuivre dans le futur du récit, jusqu'à
la disparition de l'artiste.
Le piège était tendu : filmer la peinture, et le destin
d'un artiste (forcément) maudit, c'est se risquer à être
trop illustratif, à privilégier la beauté du plan
plus que le rythme. Im Kwon-Taek s'autorise ainsi de nombreux plans sur
les paysages coréens, quand la brume, la neige ou la pluie les
subliment. Mais il filme aussi la vigueur du pinceau effleurant le papier
et l'encre bue par la trame, ce qui lui permet de ne jamais trébucher
et ne nous offrir jusqu'au bout la transposition juste de l'art d'Ohwon
: nourri des influences diverses, et cependant unique.
Grégoire.
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