Le Sourire de ma mère, de Marco Bellochio
sortie le 20.11.02

Le Sourire de ma mère laisse une étrange impression. Le récit très simple, un homme, Ernesto, apprend que sa mère va être béatifiée, laisse la place à une suite de micro-événements : Ernesto apprend que son fils parle à Dieu, qu'il va devoir se battre en duel, que sa famille est à l'origine de la demande de béatification et qu'il est le seul à ne pas le savoir et dans le même temps s'éprend d'une jeune femme qui se dit être l'enseignante religieuse de son fils...Ces rebondissements qui balisent le récit paraissent artificiels, car intervenant sur deux jours. Mais cette artificialité sert le film puisque nous finissons par croire, comme Ernesto, à un complot.
Quoi qu'il en soit, le propos de Bellochio, même s'il est difficile d'adhérer au film, reste évident : seul l'artiste est libre. Ernesto ne se laisse pas entraîner par sa famille dans cette quête mystique (de pouvoir ?). Chaque fois, il refuse l'affrontement direct en se cachant derrière son fameux sourire ou en fuyant littéralement. Fuite qui le laisse donc libre d'agir et de penser. Seul son fils le suit, dès le début du film, quand il demande à Dieu de sortir de sa tête.

Gwenaël.