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Une femme de ménage,
de Claude Berri
Sortie le 13.11.02
Inspiré du roman de Christian Oster
paru aux Editions de Minuit, on voit dans ce film l'inaltérable
Jean-Pierre Bacri rencontrer Emilie Dequenne, qui de femme de ménage
devient sa maîtresse. La campagne de promotion nous a pourtant bien
prévenu : " Ces deux êtres pourtant différents,
rapprochés par leurs solitudes respectives vont apprendre à
se connaître puis à s'aimer ". On y va, serein, s'attendant
à relire les paroles de la chanson déjà connue de
cet Humbert Humbert germano-pratin face à une Lolita au
rabais.
Et bien non ! Les dialogues étonnants, qui ne sont pas sans rappeler
les échanges brechtien du magnifique - mais c'était Coppola
- One from the heart, nous apprennent que Claude Berri indigné
d'être si souvent taxé d'académisme s'est attaqué
à un "auteur Minuit".
Sans faire de généralités excessives sur la grande
maison, la seule peut être encore vivante aujourd'hui, on est forcé
de reconnaître que depuis Robbe-Grillet jusqu'à Echenoz et
Chevillard règne une esthétique de l'absence qu'il serait
prétentieux de vouloir développer ici. Eric Laurrent ne
rêve-t-il pas d'un roman sans personnages et sans actions ? Comme
dans toute école : il y a les fondateurs (Robbe-Grillet), les atypiques
géniaux (Klossowski), les honnêtes artisans (Echenoz, Laurrent),
et les copieurs sans génie (comme Oster justement). Inutile de
rappeler lequel a choisi Berri.
Avec toutes ces digressions je n'ai pas parlé du film. Il n'y a
pas grand chose à en dire, le milieu est peut-être plus mauvais
que le reste, puisque Emilie Dequenne change de coiffure, ce qui ne l'arrange
pas. Autrefois Minuit + cinéma donnait au choix Marienbad
ou Roberte ce soir. Pour notre part, conseillons à Berri
de se tourner plutôt vers Olivier Rollin.
Marie.
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