L'Homme sans passé (Mies vailla menneisyyttä), de Aki Kaurismäki
Sortie le 06.11.02

Sauvagement agressé dès son arrivée à Helsinki, sommairement et par deux fois laissé pour mort (avec linceul, masque funéraire et requiem sur transistor), M. trouve refuge auprès d'une communauté de déshérités que sa présence quasi divine va chambouler.
A l'instar de son héros, Aki Kaurismäki est un miraculé.
Vidé après Juha (1999) de son désir de cinéma et de vie, l'Homme sans passé, film plus léger que ses prédécesseurs en signe le retour que nous souhaitons durable. Parler simplement de comédie est pourtant un peu léger, tant le film, dans ses situations et son déroulement, paraît désabusé. La misère omniprésente n'est supportable que parce que le travail magnifique de photographie et de mise en scène la décale, le personnage amnésique s'accorde parfaitement aux dialogues absurdes et anémiques dont A.K. raffole, et sa recherche de soi induit un sentiment de nostalgie qui s'il n'est que passager, semble contaminer tous les personnages.
Les moments de pure comédie sont donc plutôt rares et essentiellement attachés à deux entités, le groupe de l'armée du salut que M. va transformer nouveau Leningrad Cow-Boys prosélytes (NdlR : dans Leningrad Cow-Boys Go America (1989) et Leningrad CowBoys Meet Moses (1993) Kaurismäki nous contait les aventures d'un loufoque groupe de rock à la conquête du succès) et celui de l'usurier qui exploite la communauté, ordure finalement bien sympathique. Remarquons pour fnir les deux acteurs principaux, Kati Outinen - prix d'interprétation à Cannes alors qu'elle n'est pas plus formidable que d'habitude - et Markku Peltola, dont la ressemblance avec Jean-Pierre Léaud a probablement influencé l'éternel fan qu'est Aki.

Grégoire.