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Bloody
Sunday, de Paul Greengrass
sortie le 30.10.02
Cette oeuvre forte, justement récompensée
par un Ours d'Or au dernier Festival de Berlin, relate avec sobriété
et intelligence les événements d'une journée tristement
célèbre et symbolique dans la mémoire collective
irlandaise. Evitant les écueils du cinéma à thèse
et les lourdeurs démonstratives qui auraient pu le mener sur les
traces d'un Yves Boisset ou d'un Costa-Gavras des mauvais jours, Paul
Greengrass signe un film à la narration originale.
La reconstitution historique est scrupuleuse jusque dans les moindres
détails (les acteurs semblent sortir d'un film de Ken Loach des
années 70), et le cinéaste opte pour le style documentaire,
tant le déroulement de l'action ressemble à un reportage.
Prenant ouvertement parti pour la cause irlandaise, en soutenant que le
conflit ne se serait pas enlisé et que l'IRA aurait été
affaiblie si les associations citoyennes pacifistes avaient été
respectées, le film est aussi l'histoire d'une désillusion
individuelle, à travers le portrait d'un député intègre
(remarquablement campé par James Nesbitt), dépassé
par l'engrenage de la violence. Retenant les leçons du néoréalisme,
Bloody Sunday ne s'autorise le lyrisme qu'au moment du générique
de fin, qui nous permet d'entendre l'inoubliable tube de U2.
Gérard.
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