Minority Report, de Steven Spielberg
sortie le 02.10.02

Sur quel plan le critique doit-il chercher à juger un tel film ? Certains ont préféré se pencher sur la vraisemblance de la société ultra-sécuritaire qui y est décrite (mais sans doute édulcorée par rapport à la noirceur habituelle des récits de Philip K. Dick que l'on semble redécouvrir à cette occasion), mais les points de vue strictement commerciaux (le film réussit à intégrer un nombre impressionnant de spots publicitaires) ou techniques (le travail intéressant sur la texture des images produites par les pre-cogs, ces oracles du meurtre, et la façon dont ils sont interprétés par Tom Cruise mi E.T., mi Freddy Krueger) nous paraissent tout aussi pertinents.
John Anderton (Tom Cruise) est le chef de la cellule du pre-crime de la ville de Washington qui, grâce aux pouvoirs visionnaires de trois médiums gentiment maintenus en transe cataleptique détecte les meurtres avant leur réalisation et réussit donc à arrêter et emprisonner les futurs meurtriers tout en préservant la victime. Alors que le programme risque d'être étendu aux Etats-Unis tout entiers, John découvre en même temps une faille dans le système et que lui-même est "programmé" pour devenir meurtrier dans deux jours.
Seul contre son ancienne équipe et la technologie toute entière qui le traquent, il se bat pour la vérité et prouver son innocence. Les deux premières scènes de cette perpétuelle poursuite qui occupera le film jusqu'à son terme font craindre le pire. Puis le scénario déroule, dirigiste à souhait ce qui nous permet d'être surpris par chaque rebondissement et de croire que nous aussi, nous participons à la lutte du gentil contre les méchants. La fin gentillette collabore à définitivement cataloguer le film au rang du divertissement - et rien de plus.

Grégoire.