Les Sentiers de la perdition (Road to Perdition), de Sam Mendes
sortie le 11.09.02

L'hiver 1931 fut semble-t-il très pluvieux. Dès la nuit tombée, c'est à seaux que l'eau déferlait, et le jour la lumière était constamment bleutée, atténuant toute les teintes. Ce n'est pas un spécialiste de l'histoire météorologique qui l'affirme, mais le réalisateur Sam Mendes (et son chef opérateur) tout au long de son nouveau film (à point nommé) Road to Perdition.
Si certains avaient vu dans l'incommensurablement surestimé American Beauty une satire acerbe de l'American Way of Life (et par voie de conséquence d'Hollywood), ceux-là devraient rapidement se rendre à l'évidence et déchanter devant ce film de mafia tellement banal qu'il ressemble à un examen de passage à l'American Board of Directors.

Il s'agit donc d'une histoire de famille(s). Mike Sullivan (Tom Hanks égal à lui-même) était orphelin, fut recueilli par John Rooney, le parrain local (canal irlandais) et est aujourd'hui son homme de main favori. Ce que découvre une nuit (pluvieuse à souhait) le curieux Michael Sullivan Jr., fils aîné du sus-cité. Craignant une "fuite", la Famille condamne à mort toute la famille. Mike et Mike, rescapés l'un grâce à son "talent", l'autre parce qu'il avait été puni à l'école doivent fuir, traqués par un tueur et épris de vengeance.
La vengeance étant au vu du film un droit légitime (après tout, on est en démocratie nous dit-on à un moment), elle s'effectuera jusqu'au bout et sera même acceptée avec bienveillance par le patriarche Rooney, digne et fier de son "fils" jusqu'au bout. Dans les deux familles, l'honneur sera sauf, et ce n'est pas la pirouette finale de voix off qui pourra faire oublier le malaise distillé par ce mauvais film à la teneur plutôt réactionnaire.

Grégoire.