Les Diables, de Christophe Ruggia
sortie le 11.09.02

Remake actualisé de La Nuit du chasseur comme l'annonce la comptine du générique, Les Diables ne fait que coller des références sur l'histoire de ces deux enfants, comme des sparadraps sur leurs corps constamment blessés.
Chloé est autiste et n'obéit qu'à son frère Joseph, qui n'a de cesse de s'évader avec elle des centres où ils sont placé depuis leur abandon à la naissance. Grandi trop vite, Joseph se raccroche naïvement à la certitude que s'ils retrouvent leurs origines, cette maison de leur tendre enfance que Chloé ne cesse de dessiner en mosaïque colorée, sa sœur guérira. Au cours de leurs fugues multiples, rendues difficiles par l'affection de Chloé, ils vont tous les deux évoluer. Chloé qui refusait tout contact physique va se mettre à rechercher maladivement ceux-ci alors que Joseph, se rendant compte de l'illusion de sa quête, sombre dans la délinquance.
D'une première partie qui pêche principalement par la maladresse de la représentation, beaucoup trop frontale, de l'autisme de Chloé et semble très longue, on passe au détour d'une des très nombreuses citations cinéphiles (Ray, Carpenter et d'autres après Laughton) à l'évocation de l'éveil de la sexualité des protagonistes, qui se manifeste qui par la tendresse, qui par la violence. Mais là encore, la non-amabilité revendiquée s'avère un poids supplémentaire pour le spectateur fatigué par trop de démonstrations. La présence de nombreux seconds rôles agréables, ainsi que le regard perçant du jeune Vincent Rottiers (Joseph) réussissent tout juste à maintenir ensemble le film.

Grégoire.