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Windtalkers
(Les Messagers du vent), de John Woo Quand éclate la première rafale, on sursaute alors qu'une ou deux silhouettes s'affaissent. Dans cette jungle dense, ils n'avaient rien vu venir. Pas plus que nous à l'écran, car si elles laissent majoritairement de côté les ralentis habituels au réalisateur, les scènes d'actions du nouveau film de John Woo pêchent car elles privilégient l'impact à la lisibilité, la durée à l'essence. Quelle est la différence entre un montage rapide esthétique (The Blade, pour reprendre un exemple habituel) et celui-ci, plus proche des derniers films américains (Black Hawk Down) qui fait que l'on s'éloigne ici considérablement du film de guerre tel qu'on l'aime ? La
trame est, pourtant, assez classique. Le caporal Joe Enders se languit
de l'action dans un hôpital après que, commandant par intérim,
il ait perdu tous ses hommes à défendre une position stratégique.
Sa nouvelle affectation ne le renverra pas pourtant directement au front
: il doit protéger un radio d'origine navajo. Ou plutôt protéger
à tout prix le code qu'il connaît - basé sur ce langage
non écrit - des mains et oreilles japonaises. Comment Woo, récemment
immigré aux Etats-Unis, allait-il traiter ce matériau ?
Le premier plan post-générique, une bannière étoilée
plein champ, fait craindre le pire. Malgré la répétition
du symbole et le contenu du film (il s'agit quand même d'oublier
les rancoeurs, les origines diverses pour combattre l'ennemi commun) cet
écueil est assez largement évité. Même lorsque
Whitehorse, peu avant de succomber, sauve le pire redneck de la
section d'une mort certaine, on passe suffisamment vite pour que cela
ne soit pas pesant. |