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Ararat,
de Atom Egoyan
sortie le 04.09.02
Ararat
est, dans sa forme, un film brillant. Comme souvent chez Egoyan, on navigue
avec une aisance surprenante entre les points de vue et les couches temporelles
que l'on ne s'amusera pas à dénombrer (de peur de casser
la magie ?). Le problème se situe dans ce qu'il montre.
Edouard Saroyan (qui a depuis abandonné le piano depuis qu'on lui
a tiré dessus) est un cinéaste reconnu, particulièrement
par la communauté arménienne dont il est issu. Il décide,
pour tenir une promesse faite à sa mère, de tourner un film,
en costume, sur un évènement précurseur du génocide
arménien de 1915 (officiellement reconnu par la France l'an passé
seulement, et jamais par les autorités turques). Il engage pour
cela une conseillère du peintre Arschil Gorky, témoin oculaire
des faits, dont il souhaite faire un personnage. La vie privée
de cette dernière est compliquée, notamment ses rapports
entre sa belle-fille et son fils Raffi, qui lui décide d'aller
de lui-même tourner des plans du mont Ararat qu'il espère
voir inclure dans le film. A son retour, il est interrogé par un
douanier suspicieux, lui-même en conflit avec sa famille.
La dénonciation de la reconstitution des faits par Saroyan est
claire. Les plans, souvent inclus tels que Saroyan les tourne, sont incroyablement
mauvais et le cinéaste prend ainsi presque ouvertement ses distances
avec cette méthode. Les parcours parallèles sont moins clairs
et pourraient atténuer la portée du contenu primaire du
film. En effet, on reste dans l'expectative complète en ce qui
concerne les motivations de Raffi et du douanier, sans parler de celles
de Célia, la belle-fille. A force de nous dire que rien n'est jamais
simple, Egoyan prend le risque de tout compliquer.
Grégoire.
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