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Le
Chignon d'Olga, de Jérôme Bonnell
sortie le 28.08.02
D'Olga, la jeune libraire à
qui il achète un recueil, Julien retiendra le chignon. Un détail,
presqu'un prétexte, mais l'un de ceux auxquels on se raccroche
comme à une planche de salut. Car depuis la disparition de sa mère,
c'est toute la famille, père et sur compris, qui est à
la dérive.
Ce deuil, filigrane ténu, démarque admirablement ce premier
long métrage d'un très jeune réalisateur du chemin
qu'il semblait prendre, celui d'une chronique rohmerienne de ces amours
de fin d'adolescence, dans le cadre un rien exigu d'un été
dans une petite ville de province. Porté par des acteurs de très
grande qualité - Julien bien sûr (Hubert Benhamdine) mais
également son père (Serge Riaboukine) écrivain en
panne, sa sur (Florence Loiret-Caille) encore plus paumée
dans son identité même et surtout la merveilleuse Nathalie
Boutefeu en amie-confidente, le film évoque toute l'ambiguïté
de ces périodes où, malgré la douleur et l'absence,
on essaie de vivre quand même.
A cet égard, le Cirque de Chaplin, dûment enregistré
et qui devient pour le neveu en vacances une découverte de cinéma
et contamine soudain le monde de nos personnages, le slapstick pénétrant
jusque dans les parades séductrices de Julien, en est représentatif.
Si tout n'est pas toujours aussi convaincant, notamment les épisodes
liés aux hésitations honosexuelles de la fille, le film
nous ouche profondément par sa représentation mesurée
et juste de ce perpétuel "entre-deux" que vivent les
personnages. Une très bonne nouvelle de cinéma.
Grégoire.
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