Thirteen ,de David Williams
sortie le 21.08.02

Nina a treize ans, et pas beaucoup de suite dans les idées. Du moins c'est ce qu'affirme sa mère, Lillian (auquel l'autre film de David Williams sorti cette semaine est consacré) aux enquêteurs venue la questionner. Parce qu'un beau jour, contrariée, Nina a décidé de partir, d'aller voir ailleurs comment était le monde.
La première moitié du film nous montre donc, en alternance, la fugue de cette grande adolescente mutique et la façon dont, à la maison, on s'organise pour la rechercher et faire front. Si on ne le savait pas encore, on se rend donc très vie compte ce que David Williams nous montre n'est pas un documentaire, malgré les moyens (du 16 mm, de"vrais gens"). Mais pas non plus une de ces fictions "d'après une histoire vraie" qui affiche sa supposée véracité comme un camelot sur un marché.
Williams crée sa fiction autour et avec ses amis - on aurait presque tendance à dire ses intimes tant il semble lui-même faire partie de ce monde qui gravite autour de la maison de Lillian - si bien que le spectateur est incapable de dire ce qui est vrai, reconstitué ou même ce que la fiction a peut-être permis d'anticiper sur la réalité. C'est donc un procédé original, sorte de docu-fiction qui permet a réalisateur de faire un véritable film de cinéma - et les quelques effets purement techniques (musique, ralentis) ne sont à cet égard pas exempts de tout reproche - tout en présentant un regard attentionné sur ses modèles.
Dernier détail : Williams est blanc, Nina, Lillian et la plupart de leurs amis sont noirs. Ce qui explique sans doute en partie le fait qu'il ai fallu attendre si longtemps avant de voir ces films distribués (ils ne l'ont jamais été aux Etats-Unis).

Grégoire. (spécial copinage : lire l'interview de David Williams par Cinéfeuille !)