Bruiser, de George A. Romero
Sortie le 10.07.02

La sortie confidentielle du dernier film de ce maître culte de l'horreur dont l'œuvre est loin de se limiter à sa célèbre trilogie des mort-vivants, n'est pas une très bonne nouvelle. Petit film à l'esthétique télévisuelle (rappelant en cela, mais en cela seulement le très bon Martin, son film de vampires) surfant sur la vague qui lie horreur et hard-métal (Carpenter en avait déjà abusé pour son Ghosts of Mars) cette adaptation d'un conte d'Hoffmann s'avère en effet plutôt médiocre.
Médiocre comme la vie que mène le héros, humilié par son patron, sa femme, son meilleur ami (ou n'importe quelle combinaison de ceux-ci) qui, a force de colère rentrée, va se réveiller (et se raser dans une des deux seules séquences que l'on retiendra) le visage entièrement lisse de tout traits, comme recouvert d'un de ces masques destinés à être peints par l'utilisateur. Il va ainsi profiter de sa relative invisibilité pour punir les méchants, notamment au cours d'une soirée branchée très Grand-Guignol, avant de reprendre une vie (presque) paisible, la police lui cherchant malgré tout quelque noises.
Ceci dit, vu la distribution massacrée, c'est sans doute le dernier film de Romero avant longtemps (à moins que Dario Argento ne lui remette une nouvelle fois le pied à l'étrier). Ce qui est une raison amplement suffisante.

Grégoire.