Jeepers Creepers (Le Chant du Diable), de Victor Salva
Sortie le03.07.02

A quoi sert un film d'horreur si votre ravissante voisine n'a jamais l'occasion de se réfugier entre vos bras ? C'est la question que l'on est en droit de se poser après la vision de ce chant du diable bien monocorde. Car de peur, outre les habituels effets de surgissements soudains, point. De rire non plus, autre que nerveux lorsque le monstre, assez réussi tant qu'il reste lointain et en contre-jour, apparaît avec son visage composite et son deltaplane rétractable intégré dans le dos.

Deux jeunes voyagent dans une vieille caisse sur les droites étendues d'une highway déserte. Manque de pot, ils sont frère et sœur, ce qui hypothèque nombre de ressorts narratifs pour les remplacer par des résurgences enfantines (jeux idiots et insultes perpétuelles). Ils se voient soudain coursés par un vieux truck encore plus pourri que leur propre véhicule, mais au moteur plein d'amphétamines. Avant d'apercevoir plus loin le conducteur de cet engin jeter ce qui ressemble bizarrement à des cadavres dans un égout à proximité d'une église abandonnée.

A partir de là, il faut vraiment croire au diable et aux fantômes pour comprendre ce qui fera que nos héros, tellement niais qu'ils en deviendraient attachants, ne cessent de revenir rôder autour de ce qui est à l'évidence la tanière d'un serial-killer maléfique. L'ensemble est filmé de façon aussi prévisible que la fin de l'histoire… à non, elle présente un léger rebondissement qui est loin de redonner au film ne serait-ce qu'un semblant d'intérêt.

Grégoire.