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Irréversible, de Gaspar Noé Tout est dit dès le générique qui défile à l'envers et rappelle Memento, film de Christopher Nolan qui exploitait systématiquement une vague bonne idée pour l'édulcorer et la laisser tomber, exsangue aux pieds du spectateur fatigué. Ici, l'idée est un peu plus complexe, mais du coup plus sujette à critique : si l'on montrait à l'envers le plus de scènes choc possible, que l'on ferait semblant de relier par un scénario alibi ? Super, ca va choquer le bourgeois. Et le bourgeois, on l'emmerde. On l'encule plutôt, si l'on veut rester dans la tonalité. Caméra légère virevoltante, incapable de se fixer un instant, raccords numériques au milieu de ces boucles incessantes comme pour s'éviter un montage qui risquerait d'être signifiant, on brasse un vide lourd comme l'atmosphère de ce club gay au nom riche en poésie, le Rectum. Le gros problème du film, c'est qu'il ressemble beaucoup au caprice d'un gamin insatiable en plein période scatologique. Et si je faisais raconter à Monica Bellucci sa vie sexuelle au milieu d'une rame de métro impassible ? Et si ? Et si ? Le spectateur, qui lui s'en fiche éperdument; perd vite patience. Surtout lorsque les personnages assène des sentences aussi profondes que "Le futur est déjà écrit" ou "le temps détruit tout". Straw Dogs (Chiens de Paille, de Sam Peckinpah) dont Noé revendique l'influence (à juste titre puisqu'il s'agissait également d'un viol suivi d'une vengeance dans une maison assiégée) provoque un véritable malaise. Irréversible, un ennui pressé d'en finir. |