Hollywood Ending, de Woody Allen
sortie le 15.05.02

Pour répondre à l'appel de Cannes, Woody Allen brise son rythme annuel de sorties automnales. C'est une raison valable qui nous laisse néanmoins en situation difficile. D'abord parce que, depuis longtemps, on aime le Woody Allen. Sans doute plus son personnage que son cinéma. Puis l'amour de l'un a débordé sur l'autre, au point que si l'on attendait régulièrement, avec les premiers frimas, de pouvoir se réchauffer au son chaud et sautillant du jazz d'un sobre générique. Que l'homme apparaisse à l'écran ou non.

Cette fois-ci, il est bien là, et nul autre n'aurait pu interpréter ce cinéaste tellement angoissé par la dernière chance qui lui est offerte de faire son retour sous les projecteurs qu'il en devient psychosomatiquement aveugle. Cette trouvaille de scénario, c'est un retour aux origines, c'est l'arroseur arrosé et le fantôme de Chaplin réunis. Si les scènes burlesques sont dans l'ensemble plutôt réussies, il est parfois agaçant de voir que l'outrance propre à ce genre se prolonge dans les dialogues - voir les retrouvailles de Val et de son ex-femme, morceau de bravoure frisant le one-man-show.
S'il présage donc d'un certain regain de forme après deux ou trois films peu passionnants, Hollywood Ending ne bouleverse en rien les habitudes de Mr Allen. S'en plaindre serait exagéré.

Grégoire.