Les Petites Couleurs, de Patricia Plattner
sortie le 24.04.02

Peut-être vous est-il déjà arrivé, en fermant les yeux très fort, de contempler ces figures fuyantes et colorées engendrées par la pression des paupières ? Les Petites Couleurs, oeuvre d'une productrice suisse, c'est un peu ça : un film à la marge, dans lequel un rien remplace une morne réalité par une illusion chamarrée.
Fuyant son mari qui l'a frappée une fois de trop, Christelle, coiffeuse, échoue dans un motel routier minable sur le bord d'une nationale. Mona, la tenancière revêche, déroge à ses habitudes et lui propose une chambre. De la rencontre de ces deux femmes, Anouk Grinberg perpétuellement borderline et Bernadette Laffont, va naître l'étincelle qui mettra finalement le feu aux poudres.
Ce qu'il y a de bien avec le film, c'est qu'il ne se prend pas complètement au sérieux mais qu'il captive irrémédiablement le spectateur (à l'image du Ranch de l'Amour, le feuilleton kitchissime que les deux femmes regardent).
Le scénario conte de fée qui voit les ennemis (maris & amants) disparaître, le motel se transfigurer et l'amour poindre fait évidemment penser à l'univers de Demy (on chante d'ailleurs à plusieurs reprises) mais également aux caricatures du bonheur que l'on trouve au début du Edward aux mains d'argent de Tim Burton (sans doute la machine à coiffer "Belles Boucles" joue-t-elle beaucoup dans ce rapprochement). Une bouffée de soleil pour vous aider à voir la vie en couleurs.

Grégoire.