Le voyage de Chihiro, de Hayao Miyazaki
Sortie le 10.04.02

C'est un plaisir de voir, depuis quelque temps, l'autre face de l'animation japonaise faire surface sur nos écrans. Car si l'on voit périodiquement apparaître les mangas cybernétiques, généralement précédés d'un engouement réel quoique limité à une population, qui se souvient de la sortie ici de Porco Rosso ? Succès immense au Japon, Le Voyage de Chihiro suit la voie tracée par l'éclaireuse Princesse Mononoké,le précédent film de Miyazaki qui fut un succès en Europe il y a à peine deux ans. Avec moins de délicatesse cependant.
Une famille japonaise typique (les parents et la petite fille Chihiro) se perdent sur le chemin d'un déménagement, et trouvent au bout d'un long couloir les restes d'un parc de loisirs abandonné. La nuit tombe, réveillant les fantômes et esprits qui y ont élu domicile. Son père et sa mère changés en porcs (la différence n'est pas flagrante pour lui), poursuivie par des ombres inquiétantes, Chihiro se voit contrainte de travailler, sous un nom qu'on lui impose, pour Yubaba, la mégère acariâtre qui dirige ce qui est en réalité un établissement de bains pour dieux et génies.
Sur cette trame, Miyazaki construit une série de péripéties qui vont amener tant bien que mal l'héroïne à retrouver son nom et sa famille. Bien que le pandémonium scatologique s'avère par moments savoureux, l'unité du conte en souffre un peu, donnant l'impression que c'est moins sa morale que l'histoire qui importe.

Grégoire.