Delbaran, de Abofazl Jalili
Sortie le 27.03.02
Delbaran, c'est une route, au milieu du désert,
frontière entre l'Iran et les montagnes afghanes. Kaïm, jeune
clandestin fuyant la guerre, est garçon à tout faire dans
le relais routier tenu par le vieux Khan. C'est lui qui court jusqu'au
village pour aller cherche le mécanicien, ou s'enfuit dans le désert
lorsque l'inspecteur de police, toujours à la recherche d'une preuve
des activités annexes de passeur de Khan, leur rend de fréquentes
visites.
Le film a été réduit de près de deux heures
depuis sa récompense à Locarno. Est-ce ce traitement, longue
maturation du récit, qui lui donne cet air si particulier ? Car
on a l'impression que Jalili réinvente une syntaxe des plans. Il
faut attendre quelques minutes avant de découvrir un plan un peu
général, le cinéaste préférant souvent
se fixer sur un détail de l'action, voire hors de celle-ci. Lorsque
Kaïm est au puits, il sort plusieurs fois du cadre, qui ne nous montre
alors plus qu'un petit rectangle flou de terrain désertique. Ces
détails, dont la signification met parfois quelque temps à
nous parvenir, sont comme des inserts dans des scènes qui se seraient
érodées au point de disparaître. On reste ainsi sidéré
par l'efficacité du générique, qui en deux plans
courts et fixes doublés du son des cannons, cristallise parfaitement
l'histoire de Kaïm. On pardonne dès lors un ralenti insistant
dans le dénouement, seul point noir d'un très beau film.
Grégoire.
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