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Avalon,
de Mamoru Oshii
sortie le 27.03.02
ou comment assister à la naissance
grotesque d'un avorton miteux, bâtard biscornu et petit d'une forme
de cinéma mal digérée et d'une vague idée
de jeu vidéo mal assimilée.
D'emblée, Avalon se situe hors de la zone maintenant bien
défrichée de la transposition frontale et sans recul du
jeu vidéo (Lara Croft, Mortal Kombat, etc.). L'ambition
est en effet plus grande, celle de juxtaposer deux trames de fiction interdépendantes,
l'une rattachée à la réalité du film, l'autre,
à celle du jeu, et de confronter personnages et spectateurs à
l'abîme creusée entre les deux. Un projet finalement assez
proche de celui d'ExistenZ, à ceci près, que Cronenberg,
cinéaste établi et confirmé, avait employé
des moyens très classiques pour en venir à bout (personnages,
scénario, dialogues
)
Oshii n'a manifestement pas retenu cette option, mais, après tout,
pourquoi pas ? Passons sur l'esthétique infecte, ringarde et tape-à-l'il,
les dialogues minables, les personnages falots, le néant de l'intrigue,
on aurait pu imaginer un objet sublimant ces carences par la mise en place
de codes visuels et narratifs propres au jeu vidéo, permettant
d'ouvrir ainsi de nouveaux territoires cinématographiques.
Or, les combats, vite expédiés en début de film,
sont bien rares et plutôt quelconques, et les minuscules problèmes
des héros (en particulier en terme de niveau d'expérience
et de classe) trahissent, par leur surreprésentation, une implication
superficielle et insuffisante dans le monde du jeu, plus destinée
à flatter le spectateur-joueur qu'à créer l'ambiance
d'un film réellement novateur.
Que reste-t-il d'Avalon ? Rien, si ce n'est cette désagréable
impression que la légende arthurienne n'a pas gagné à
être mélangée à cette soupe.
Fabien.
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