Swing, de Tony Gatlif
sortie le 20.03.02

Au cœur de Swing, les gitans et la musique. En dehors, rien n'existe vraiment ou a si peu d'importance que même l'amour ne dure qu'un été.
Pour revenir à son unique thème d'intérêt, Tony Gatlif découvre les tsiganes par deux approches radicalement différentes, et de valeurs inégales.
D'un côté, les clichés sur les gitans sont didactiquement exposés sur deux modes : dans le sens du poil (mendicité, nature et liberté) ou à rebrousse-poil (sédentarisation du peuple tsigane contrastant avec une société gadjé de plus en plus nomade)
D'autre part, une sensualité débridée et délirante explose au cours des morceaux de musique à la virtuosité jubilatoire et des scènes d'amour tendre et naïf entre les deux enfants. Le tout sur un rythme effréné, constamment à la limite de la rupture : le génial Miraldo en mourra, le cœur foudroyé.
Au premier aspect du film qui s'embourbe dans un discours dont l'originalité relative ne rachète pas le manque d'habileté, on préférera le second visage, si léger, si puissant, et si magnifiquement orné du regard baudelairien de la jeune héroïne, Swing.

Fabien.