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L'Orphelin d'Anyang, de Wang
Chao
sortie le 13.03.02
Alors que la production chinoise et asiatique
qui arrive en France a parfois la fâcheuse tendance à répondre
à un calibrage rigoureux, l'Orphelin d'Anyang pose son originalité,
voire sa bizarrerie. Cette curiosité, d'ordre esthétique
et narratif, s'illustre par la reprise des thèmes récurrents
du cinéma chinois contemporain et leur développement le
plus loin possible dans leur logique propre, au risque d'atteindre les
limites de l'absurde.
On y retrouve certaines "figures imposées" du cinéma
chinois : les scènes de repas, les scènes d'inertie silencieuse,
qui s'étirent ici à l'extrême, jusqu'à perdre
toute signification.
On retrouve également une forme de mélodrame réaliste
qui existe chez Wang Xiao Shuai, mais, alors que celui-ci préserve
une vraisemblance nécessaire pour représenter la dureté
sociale, Wang Chao multiplie les effets pathétiques (le bébé
abandonné est fils d'une prostituée et d'un caïd de
la pègre gravement malade qui cherche à se racheter avant
de mourir), pour préférer à la chronique sociale
la théâtralité d'un drame contemporain.
La grande nouveauté de ce film, au cur de ce cinéma
chinois généralement un peu froid, c'est tout simplement
la présence d'un sentiment, et d'un grand sentiment : l'espoir,
ou plutôt la volonté d'un espoir. Du fond de son trou, la
prostituée veut encore (littéralement) voir la lumière,
le sauvetage in extremis de son enfant. Le dernier plan du film n'est
pas moins fort que celui de Pickpocket.
Fabien.
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