Le Sang des innocents (Non ho sonno)
de Dario Argento
sortie le 13.03.02
L'apparition, sur un générique traditionnel
en carton noir, de la Musiche dei Goblin nous laisse espérer
un retour du grand Dario au giallo sanglant, au slasher
flamboyant, après une décennie peu inspirée, surtout
si l'on oublie le Syndrome de Stendahl, jamais distribué
ici. Tout est donc là : la musique bien sûr, la ville de
Turin et les obsessions d'Argento : les lames, l'opéra, l'enfance...
Dès le premier meurtre, délicieusement étiré
le long des voitures vides d'un train de nuit, on savoure le sens aigü
d'un montage précis sans être saccadé et les rappels
que nous inocule Dario, injections en surdose de thèmes qui lui
sont chers (ce regard apeuré de femme entre les soufflets des wagons
!).
Le film avance, et toutes les pièces de lintrigue nous ramènent
au souvenir terrifié de nos premières frayeurs. Argento
atteint avec ce film une sorte dépure, comme en témoigne
notamment la scène du meurtre à lopéra, et
allège la tension quil avait parfois exacerbé à
lextrême dans ses oeuvres des années 80. Sur les pas
de limpeccable Max Von Sydow dans une villa à labandon,
on contemple avec la même jouissance le sang couler
sur les gorges de victimes trop naïves.
Aucune image ne nous effraiera cependant plus que louverture de
Profondo
Rosso, et Turin ne sera jamais aussi splendide que dans le face à
face
nocturne entre David Hemmings et son ami. Mais peut-être faut-il
simplement
accepter quon ne peut jamais voir deux fois le même film,
et ne pas bouder
son plaisir ?
Grégoire
et Marie.
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