Le Frère du Guerrier, de Pierre Jolivet
Sortie le 13.03.02

Si l'on devait catégoriser les films sur le Moyen Age, on séparerait ceux qui recherchent la reconstitution la plus véridique possible, à grand renfort de costumes et décors, de ceux qui, sans pour autant renier cet appareillage, se placent néanmoins en faux (de Perceval le Gallois au récent La Chambre obscure, pour ne citer que deux des meilleurs). Jolivet décide quant à lui de prendre à revers cette classification simpliste et de se positionner dans l'entre deux. Prenons les costumes, mais que les décors soient naturels, à savoir les paysages de Lozère et quelques bâtisses anciennes utilisées quasiment telles quelles.

Si les intentions sont nobles, le résultat est très décevant. Mais ce n'est pas la faute des acteurs (Vincent Lindon, à contre-emploi dans un rôle de Mel Braveheart Gibson), mais plutôt celle du scénario et de la réalisation. Vouloir allier une certaine modernité représentative à un propos sans doute trop actuel et peu subtil ne réussit qu'à décrédibiliser l'ensemble et donne un sentiment d'anachronisme à certains développements de l'histoire (on a ainsi du mal à croire que les paysans du XIIIe siècle puisse apprendre à lire quasiment par eux-même). Jamais donc le scénario et le découpage, qui juxtaposent des séquences qui ne trouvent que rarement leur place et leur durée, ne parviennent à nous intéresser à l'époque ou aux enjeux.
Si comme l'on prétendu certains, sans doute un peu vite, il ne s'agissait que de se démarquer de l'étiquette du cinéma social français, pourquoi n'avoir pas utlisé la trame narrative pour tourner un vrai western auvergnat ? En attendant, on préférera retrouevr Une aventure de Billy the Kid, de Luc Moullet.

Grégoire.