|
Fantômes, de Jean-Paul Civeyrac Dun film à lautre : des acteurs jeunes ni beaux, ni laids, des corps nus, une ligne de violoncelle, Paris, une caméra DV ; les films de Jean Claude Civeyrac se suivent et se ressemblent. Après le très fin de siècle Le Doux amour des hommes, le réalisateur revient avec une fable séduisante: dans un Paris crépusculaire, des gens disparaissent. Présence des morts, absence des vivants, on touche là lessence même du cinéma comme en témoigne la belle scène échappée de Nosferatu des deux amants qui sévanouissent à laube. Si quelques moments de grâce éclairent le film : un acteur emprute les intonations affectées dun illustre aîné, une jeune fille en fleur se pend aux branches dun arbre, il reste difficile dadhérer à un cinéma trop affecté qui nous plonge dans une torpeur confuse, plus quil nous envoûte. Le cinéma, la disparition, les fantômes du passé : tout ceci était magnifiquement traité dans Les Cinéphiles de Louis Skorecki, allez plutôt le revoir. |