Fantômes, de Jean-Paul Civeyrac
sortie le 13.03.02

D’un film à l’autre : des acteurs jeunes ni beaux, ni laids, des corps nus, une ligne de violoncelle, Paris, une caméra DV ; les films de Jean Claude Civeyrac se suivent et se ressemblent. Après le très fin de siècle Le Doux amour des hommes, le réalisateur revient avec une fable séduisante: dans un Paris crépusculaire, des gens disparaissent. Présence des morts, absence des vivants, on touche là l’essence même du cinéma comme en témoigne la belle scène échappée de Nosferatu des deux amants qui s’évanouissent à l’aube. Si quelques moments de grâce éclairent le film : un acteur emprute les intonations affectées d’un illustre aîné, une jeune fille en fleur se pend aux branches d’un arbre, il reste difficile d’adhérer à un cinéma trop affecté qui nous plonge dans une torpeur confuse, plus qu’il nous envoûte. Le cinéma, la disparition, les fantômes du passé : tout ceci était magnifiquement traité dans Les Cinéphiles de Louis Skorecki, allez plutôt le revoir.

Marie.