Sangue Vivo, de Eduardo Winspeare
sortie le 27.02.02

Pino Zimba, c'est pas le mauvais zigue. Mais il a des problèmes. Il traficote des cigarettes, il doit de l'argent au parrain local, il a provoqué (accidentellement : c'est un héros positif) la mort de son père, il joue du tambourin. Tout ça pour faire plaisir aux autres. Car ce qui intéresse Pino Zimba avant son bonheur propre, c'est celui de ses proches, ou plutôt l'idée qu'il se fait du bonheur de ses proches. Et malgré toute son énergie, sa famille reste au bord du gouffre.
Cet aspect d'introspection familiale alourdit considérablement le film, plus par un effet d'empilement systématique de schémas vus et revus (mort du père, antagonisme des frères, couple déchiré…) que par le mode de narration, qui s'avère plutôt sobre, sans accumulation d'effet pathétique, et brille même de quelques éclats de finesse, particulièrement dans cette scène salutairement inutile où la fille de Pino Zimba, secouée des premiers grondements de la sexualité, s'affronte avec son oncle dans un échange verbal dont on ne peut décider de l'ambiguïté.
Dans certaines occasions, des éclaircies trouent cette couverture nuageuse de mal-être, et le côté "Famille, je vous aime, je vous hais" est évacué pour laisser la place à d'appréciables envolées de joie gaiement mises en scène : les vives scènes de contrebande, de musique et de danse sous le soleil de l'Italie méridionale constituent l'attrait principal de Sangue Vivo, dont on ne pourra pas dire que c'est un film pouilleux.

Fabien.