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Passe Montagne, de Jean-François
Stévenin
reprise le 27.02.02
Passe Montagne (1978), premier des trois
films (Double Messieurs - 1986, Mischka - 2002) de Jean-François
Stévenin que les parisiens ont actuellement l'incommensurable chance
de pouvoir (re)voir, est déjà une ode à la liberté.
Gérard (Jacques Villeret), vaguement architecte, tombe en rade
sur une aire d'autoroute et se fait remorquer par Serge (Jean-François
Stévenin) qui a l'avantage de posséder une voiture similaire.
Même modèle, même couleur.
La rencontre est dès lors le catalyseur de l'aventure. Réfugiés
dans un garage isolé du Jura, ou parcourant la montagne à
la recherche d'une combe imaginaire afin d'y construire une maison-forte
improbable, les compères vagabondent dans le seul but de prolonger
l'instant, de rester ensemble, encore.
Lorsqu'il filme ses rencontres improvisées qui, de lieu en lieu,
de verre en bouteille, vous tiennent éveillé jusqu'au petit
matin, c'est d'une manière intensément physique. Impossible
ici de suivre une conversation, de fixer un visage plus de quelques secondes,
tant l'alcool et la fatigue abrutissent les personnages comme le spectateur.
Ce dernier risque certes de se sentir un peu perdu, voire agacé
par les ellipses constantes et la foule de figures qui apparaissent, parfois
pour une seule tirade, dans le film. Mais si, tel un oiseau prêt
à s'envoler, il se laisse porter par les courants du récit,
il se verra récompensé, par exemple par une vue superbe
de liberté sur l'horizon enneigé, qui clôt la parenthèse
comme le travelling dans le vide le fera dans Double Messieurs,
huit ans plus tard.
Grégoire.
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