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Amen. , de Costa Gavras L'affiche d'Oliviero Toscani (ancien publicitaire
de Benetton), qui métamorphose la croix des chrétiens en
croix gammée, jette à la figure du futur spectateur (et
des pauvres autres qui n'ont rien demandé) la controverse de l'attitude
du Vatican face à la Shoah. Amen. commence comme une grosse
machine aux bottes bien cirées. Première heure de lente
montée en charge, monotone comme une pendule, ponctuée inlassablement
de trains qui filent sur une musique inquiétante. Les deux personnages
principaux, le SS Kurt Gerstein (Ulrich Tukur) et le prêtre Ricardo
Fontana (Mathieu Kassovitz), empruntent des chemins improbables, valeureux
schizophrènes qu'ils sont : le spectateur a ainsi peine à
concilier la réaction d'horreur de Gerstein face à la mort
industrielle de la chambre à gaz et son ascension volontaire dans
les rangs de la Waffen SS. Egalement douteuse, la crise lance-casquettes
de l'impassible jésuite Ricardo, ou sa dangereuse véhémence
devant le Saint Père. |