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Ali, de Michael Mann
sortie le 27.02.02
Les dix premières minutes de Ali,
intenses et vibrantes, exposent sur fond de cliquetis de punching-ball
les trois moteurs primordiaux de la vie de Muhammad Ali : les femmes,
la politique, la boxe. On aurait pu s'en contenter. Car les deux heures
qui suivent vont consister en un insipide entrelacs de ces trois thèmes
sur le mode de l'hagiographie béatifiante.
Ce traitement narratif procure rapidement une sensation désagréable
de passage aux figures imposées : le jeu de jambes aérien
d'Ali, son changement de nom, l'apparition (inutile ?) de personnages
"historiques" : Malcom X, Mobutu et même le général
Idi Amin
Il s'agit de flatter les connaissances du spectateur. Cette
profession de foi "super poids lourd" est relayée par
une façon de filmer vulgaire et infantilisante : la musique (atroce
tout au long du film) anticipe systématiquement le dénouement
des combats, le passage des images au ralenti vient tirer l'oreille du
spectateur K.O. assis pour l'interpeller : "Attention, c'est un moment
important." Pire, les combats sont souvent bâclés, irréalistes.
(Ali frais comme un pinson, son adversaire se fait recoudre le visage).
Seule la caméra parkinsonienne constitue un discret hommage à
la maladie dont est, de nos jours, victime le champion.
A la fois trop appliqué dans son discours et trop brouillon dans
sa façon de l'exprimer, Ali, à force de ne pas choisir entre
le médiocre film de boxe, d'amour ou de blaxploitation, se contente
d'être un mauvais film, tout court.
Fabien.
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