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Un Amour à New-York
(Serendipity), de Peter Chelsom
sortie le 20.02.02 Comme Gary Cooper et Claudette Colbert dans La huitième femme de Barbe Bleue, John Cusak et Kate Beckinsale se disputent le même article dans un grand magasin. L'érotisme violent qui naissait chez Lubistch du caractère irrévérencieux de la situation a été hélas ici complètement effacé. Le bas de pyjama que voulait furieusement Claudette Colbert a été remplacé par des gants, et nos deux héros tombent très vite éperdument amoureux. C'est sans oublier que la romanesque Sara (Kate Beckinsale) veut disposer de son destin, elle confie alors au hasard le plus pur le fait de les réunir ou non. Ils se quittent sans même connaître leurs noms. Quelques années après, pris d'un doute juste avant de se marier, ils feront tout pour retrouver leur inconnu d'une nuit. Le postulat du film n'était pas totalement inintéressant, il est malheureusement gâché par un scénario d'une platitude extrême et une réalisation sans génie. On note ainsi avec déplaisir l'emploi d'effets décidément assez fréquents dans les films américains actuels, comme ces accélérés fréquents, ou ces nuages en image de synthèse passant dans un ciel artificiel. Le propre de ce genre de film étant
de dépendre largement du charme de ses interprètes, on ne
peut que déplorer que le nouveau héros des comédies
romantiques actuelles soit John Cusak qui use et abuse de son expression
faciale favorite : le visage à demi penché, la bouche entrouverte
et l'air ahuri. A noter également la totale absence tant scénaristique
que scénique de seconds rôles intéressants. Kate Beckinsale,
qu'on avait laissé dans le formidable Last Days of Disco,
ne parvient ainsi pas à sauver le film de l'ennui sirupeux dans
lequel il nous a plongé. |