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Mischka, de Jean-François
Stévenin
sortie le 20.02.02
Mischka se présente comme un
point de rencontre, un forum braillard, où se bousculent des individus
qui n'en peuvent plus de leur individualité et n'aspirent qu'à
la fusion des êtres dans une famille, au sens large du terme. Car
rarement autant que dans Mischka se fait sentir le désir
de l'autre : du motard espagnol d'aire d'autoroute, de la gitane aux regards
brûlant les flammes, du bon gros grand-papa pataud
Pour parvenir à cette fin, tout devient non seulement permis, mais
aussi possible; le trivial tutoie le sublime, les yeux dans les yeux :
Johnny, débonnaire deus ex machina, descend de son rutilant hélicoptère
pour pisser gaillardement et pour serrer la main de son pote Müller,
alors que la personnalité falote de ce personnage ne le laissait
absolument pas présumer.
Baignés dans ce flot incessant de péripéties qui
les dépassent, ballottés par une intrigue qui tantôt
les embrasse à toute volée puis les délaisse, les
personnages créent une petite communauté rocambolesque,
illusoire sans doute, mais qui leur fait franchir silencieusement les
points de passage douloureux de la vie.
Ni drôle ni triste, ni réaliste ni fabuleux, Mischka,
délicieusement empreint de nostalgie, a pour enjeu majeur la beauté,
tant des formes que des sentiments ; c'est une proposition poétique,
dont les inspirateurs seraient Rimbaud et Rozier ; le langage, l'ellipse
et le coq-à-l'âne; la musique, le froufroutement limpide
d'un ruisseau rieur qui salue une magnifique décharge. Un bijou.
Fabien.
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