Lundi Matin,
de Otar Iosseliani
sortie le 20.02.02
Vincent (le formidable Jacques Bidou) est ouvrier-soudeur
dans une grande usine chimique de la région lyonnaise. Il habite
à la campagne, avec sa femme et ses deux fils, se lève de
bon matin pour attraper le train puis le car, qui le dépose aux
portes grillagées du complexe, et rentre le soir, sans mot dire,
retrouver ses chaussons et sa vocation de peintre enterrée depuis
longtemps déjà.
La première partie du film, illustrant cette routine implacable
n'est pour le spectateur nullement pesante, tant Iosseliani fait preuve,
comme à son habitude, de poésie et de loufoquerie. On aime
ainsi à penser que le décor de l'usine, pleine de fumées
plus ou moins colorées, quoique le moins nicotinées possible,
et le métier si photogénique de Vincent ont été
mûrement choisis.
Puis un matin, sans que l'on sache s'il s'agit d'un geste prémédité
ou non, Vincent décide de laisser la grille se fermer devant lui
et de s'enfuir, encouragé par son père à prendre
le temps de dériver, une bouteille de vin à la main.
Au village, la vie suit son cours, mais le manque
est flagrant tant il semble orphelin de toute population adulte. On s'y
terre dès qu'une présence étrangère approche,
et on doit déterrer les vieux trésors pour survivre.
Lorsque, après Venise et l'Egypte, le travail, décidément
partout, rattrape Vincent, tout rentre dans l'ordre. Ou presque. Un presque
qui nous sauve, de justesse, d'un pessimisme apte à nous faire
ouvrir une bouteille pour entonner des chants cosaques.
Grégoire.
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