Le Stade de Wimbledon, de Mathieu Amalric
Sortie le 13.02.02

Une jeune femme, française, part à la recherche, à partir de Trieste où il a vécu, d'un écrivain qui n'a pas écrit. De lui, on apprendra quelques bribes, d'elle pas beaucoup plus.
Pour son deuxième long métrage, Mathieu Amalric réussit une adaptation (d'un roman de Daniele Del Giudice) qui est très littéraire sans être littérale. En effet, c'est par des moyens cinématographiques qu'il nous laisse l'espace de liberté autour de l'intrigue qui est généralement dévolue au lecteur : la silhouette et le visage flous de Jeanne Balibar qui s'affinent peu à peu, et surtout ce décalage léger et constant entre le cadre et la voix off qui l'accompagne sans la commenter.
Avançant à son rythme, au gré des recherches et errances de la jeune femme, le film nous donne l'impression de découvrir avec elle la ville de Trieste, ses librairies et ses cafés, sa gare et ses transports en commun, tous superbement évoqués. Et lorsqu'au détour de ce vagabondage lascif dans lequel l'action n'a quasiment pas droit de cité surgit une scène avoisinant la terreur pure, on en reste durablement marqué.

Grégoire.