Atanarjuat, la légende de l'homme rapide, de Zacharias Kunuk
Sortie le 13.02.02

Autant l'avouer d'entrée, on est un peu surpris par l'accueil unanime réservé à ce film inuit (le premier, nous dit-on - ce que l'on est disposé à croire) depuis sa Caméra d'Or cannoise, où il était présenté dans la sélection Un Certain Regard. Il faut dire que sa durée (2h50) était encore plus rebutante alors qu'il fallait courir d'une salle à l'autre, et que le bêtisier du générique de fin gâche largement les qualités antérieures du film.
Ceci posé, et avec le recul, mais sans l'avoir revu depuis, on s'interroge sur ce qu'aurait été cet accueil si l'exotisme n'avait pas été au rendez-vous. Car l'histoire d'Atanarjuat n'est autre qu'un western quasiment classique, avec un soupçon de fantastique chamanique dedans. Cette longue course, nu sur la banquise, n'est-elle pas une proche cousine de celle du Run of the Arrow de Fuller ? De même, les scènes de vie de groupe, dans les igloos ou les tentes éclairées à la graisse de phoque, relèvent au mieux d'un aspect anthropologique héritier de Nanook et au pire du simple pittoresque. Cela et les paysages superbes permettent de moins voir le temps passer.

Grégoire.