Donnie Darko, de Richard Kelly
sortie le 30.01.02

Donnie Darko est un film qui dans quelques années, voire dans six mois paraîtra très marqué. Il est en effet empli d'affèteries diverses qui rappellent les pires maniérismes de Lynch ou de Sam Mendes. Donnie est un adolescent qui échappe de justesse au crash d'un réacteur d'avion sur le toit de sa maison et tente d'oublier son malaise existentiel grâce aux apparitions nocturnes d'un lapin diabolique qui lit l'avenir. On se fiche très vite du scénario qui mêle grotesque et ridicule avec un égal bonheur, d'autant plus que Richard Kelly n'est visiblement pas effrayé par un symbolisme trop facile.
Au crédit du film, outre la présence de Joy Division dans la B.O., le fait que les personnages adultes, surtout celui de la mère, soient traités avec plus de respect que dans ce genre de production. Le choix de placer l'action en 1988 introduit un décalage plutôt séduisant, renforcé par la présence de Patrick Swayse, tout à fait réjouissant en gourou new age, qui joue avec Drew Barrymore un échappé du miroir (il sont venus directement elle de college movies tardifs et lui d'Outsiders).
Donnie Darko
malgré ses lourdeurs reste néanmoins un film de genre, un des derniers genres encore vivant du cinéma américain, et qui livre bon gré mal gré les matrices d'une ou deux bonnes séries télé (de Buffy à Felicity) et de comédies intéressantes (Hundred Girl, Legally Blonde). Même si on peut préférer ses manifestations estivales aux produits trop ambitieux comme celui ci.

Marie.