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Porto de mon Enfance,
de Manoel de Oliveira
sortie le 23.01.02
Le générique annonce un film documentaire,
aussitôt démenti par le carton suivant présentant
les acteurs. Ceci ne nous surprendra pas, tant on sait à quel point
Oliveira aime à mélanger les genres, au point d'enchaîner
un film docte sur le jésuitisme à un drame moderne presque
grand public.
Cette fois-ci, il nous emmène, bercés par sa voix grave
comme par les vagues du Douro, dans le Porto de la première moitié
du siècle, recréant en alternant des images d'archives et
des scènes re-jouées une atmosphère qu'il semble
regretter, à l'instar de ces poètes, sculpteurs et autres
camarades aujourd'hui disparus.
Pourtant, ce long retour du théâtre, dans la voiture brinquebalante
ne paraît pas moins actuel que ces superbes travellings sur le pont
et le fleuve, et il ne s'agit pas de la présence, le long de ces
rues étroites comme encore éclairées au gaz, d'enseignes
publicitaires. Atemporel plutôt, comme ces personnages, de chair
ou de marbre, qui se découpent chaudement sur un arrière-plan
de jais. Ce voyage, au son des chants des lavandières, nous rappelle
le meilleur d'un cinéma portugais (Inquiétudes, déjà
Oliveira; Le Fleuve d'or, de Paulo Rocha) toujours bien vivant.
Grégoire.
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