|
Le doux amour des hommes, de Jean-Paul
Civeyrac
sortie le 16.01.02 Comme d'autres avant lui, Raoul Vollonges mène une vie oisive dans les cafés parisiens. Notre héros au nom délicieusement désuet lit Leopardi, erre d'une femme à l'autre, et s'éprend d'une jeune phtisique : Jeanne. Ils s enfuient mais l'hiver aura raison de sa dame aux camélias, et Raoul reviendra seul à Paris écrire ses Salades de l'amour. Une impression de littéralité affectée flotte sur ce film déconcertant, à l'image sans doute du roman fin de siècle qui l'a inspiré. Est-ce la description d'une communauté improbable, qui ne saurait exister aujourd hui ? La solitude de Mehdi Belhaj Kacem dans Sauvage Innocence sonne infiniment plus juste que la peinture de ce phalanstère artificiel de dandys désoeuvrés. On aurait ainsi l'impression d'un film agaçant autant qu'inutile, si il n'y avait pas la magnifique séquence finale. Depuis Duras dans Les Mains aveugles, personne n'avait sû en effet filmer l'aube parisienne de façon aussi bouleversante. |