Spy Game, de Tony Scott
sortie le 09.01.02

Spy Game tient une partie des promesses que, second choix en fin d'exploitation relégué dans une petite salle d'un multiplexe parisien, il n'avait par conséquent pas eu l'occasion de nous faire. Certes, il souffre des maux désormais communs aux objets de son type : scénario abracadabrant, et effets optiques - abondance de filtres et surtout ces incessants plans d'ensemble tournées d'hélicoptères qui sont accélérés par des manipulations numériques.
Pour son dernier jour en tant qu'agent secret, Nathan Muir (Robert Redford, buriné mais impeccablement brushé) va devoir jouer des pieds et des mains pour sauver Brad Pitt, blanc-bec qu'il avait recruté et qui, l'ayant désobéi, se retrouve dans une position un brin délicate (torturé dans une prison chinoise, en instance d'exécution).
Sommé d'assister au brainstorming de crise des autorités secrètes, réunion de vieux idéalistes laminés par l'administration et de jeune arrivistes bien peu déferrants envers le héros, qui manipule son monde - y compris peut-être le spectateur - au gré de flash-back systématiques et invérifiables.
Le tout étant fait avec application, sinon avec génie, et que l'on est un peu pervers, on prend un certain plaisir à voir que les jeunes présomptueux n'ont pas toujours raison face aux vieux maîtres, fussent-ils à l'aube de la retraite.

Grégoire.