Les Mutants de l'Espace (Mutant aliens), de Bill Plympton
sortie le 09.01.02

Etats-Unis. Une première fusée habitée quitte la terre, sciemment sabotée par son concepteur, le professeur Frubar, qui laisse ainsi en orbite Earl Jensen mais s'ouvre une carrière royale. Pour cause, vingt ans plus tard, il est toujours en charge des activités spatiales qu'il contrôle en despote, amassant les contrats juteux, quand Jensen atterrit, accompagné d'un petit écureuil.

Sur cette trame fleurant bon la série B des années 50, Bill Plympton construit son monde toujours aussi déjanté. Les personnages crayonnés rageusement évoluent sur des décors le plus souvent peints qui sont loin de l'esthétique habituelle des films d'animation, qui quand ils ne cherchent pas la vraisemblance à tout prix adopte plutôt un trait simple et précis. Le style Plympton lui fait également envisager les cadres les plus tordus et percutants possibles (la guitare dans la séquence du "preacher" qui, bien qu'assez clairement importée telle quelle dans un long métrage, est l'une des plus réussies). L'épatant générique de la douche témoigne parfaitement de cette capacité qu'ont le cadre et le dessin, utilisés de consort, à suggérer au spectateur le pire. Ce dont Plympton ne se prive pas, obsédé comme il est : son film regorge tellement de symboles sexuels que s'il était un rêve, des générations de psychanalystes seraient insuffisante pour le décrypter. Qui a dit que ce n'était pas sans nous déplaire ?

Grégoire.