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Les
Autres (The Others), de Alejandro Amenabar Dans une demeure isolée de l'île de Jersey durant la seconde guerre mondiale, une jeune femme élève seule, dans la bigoterie et le noir, ses deux enfants atteints d'une curieuse maladie : une allergie mortelle à la lumière du jour. De cette pathologie naît l'atmosphère lugubre de l'intérieur presque carcéral, rideaux tirés sur vastes pièces austères, portes fermées à double tour sous le contrôle attentif de la maîtresse angoissée. Nicole Kidman interprète presque trop bien cette mère abusive, délaissée par un mari parti à la guerre. Expressivité maladive du visage, tension du corps, accès d'hystérie : le personnage monopolise l'attention du spectateur, au détriment de l'intrigue, qui en perd de la consistance. C'est égal, vos voisins de salle s'agrippent
à leurs accoudoirs à chaque scène pivot de l'intrigue.
Alejandro Amenábar réalise, dans la lignée de son
premier long métrage, Tesis, un thriller sobre et efficace, sans
recours à la sauce habituelle des films du genre (effets spéciaux,
chaires sanguinolentes). La tension est subtilement dosée au cours
d'un script découpé selon les conventions : montée
progressive de la tension narrative, climax et révélation
constituent les éléments fondamentaux des actes du scénario.
Les révélations successives (la main de Victor, le son du
piano, la photographie des trois domestiques
) tour à tour
égarent ou réorientent le spectateur. La scène du
spiritisme dévoile d'un coup la vérité et conduit
l'esprit à revenir sur l'interprétation des indices disséminés
auparavant : nostalgie de Mrs Mills, handicap de Lydia, sautes d'humeur
de Grace
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