The Barber : l'homme qui n'était pas là, de Joel Coen
sortie le 07.11.01

The Barber commence de façon plutôt agréable : un noir et blanc d'une joliesse savoureuse, un scénario admirablement ciselé servi par une exposition efficace augurent de meilleures choses que les précédents opus des frères Coen. Néanmoins, l'œil vigilant aura tôt fait de repérer la pierre d'achoppement du film : le jeu et la direction des acteurs, qui s'avèreront particulièrement paroxystiques, et ce qui est plus grave, radicalement incohérents avec le sujet et les personnages, gens simples et sans ambages.
Le rouleau compresseur de la machine Coen ne se contente pas alors d'ôter aux personnages tout reflet d'humanité, il réduit les acteurs dans un état qui est encore moins qu'un stéréotype : une fonction scénaristique, au mieux une attitude. Ainsi le coiffeur est amorphe ; sa femme, hystérique et adultère ; l'avocat, juif, avide et imbattable. Et c'est tout. Aussi, le spectateur est-il profondément déstabilisé, quand (erreur de script ?), le coiffeur esquisse un geste d'amour envers sa femme. Mais rapidement et implacablement tout revient à la norme et le coiffeur à son apathie : ici, la nuance n'a pas force de loi.
Pris en otage de ce système, le spectateur assiste au déroulement d'un film sans âme, car centré sur des caricatures d'humains. Il ne lui reste que la nostalgie d'un film qui n'a pas vraiment eu lieu.

Fabien.