| L'Etrange
Monsieur Peppino (L'Imbalsamatore), de Matteo Garrone
sortie le 14.01.04 S'il ne commence pas très bien, manquant de nous faire quitter la salle dès les premières minutes, L'étrange Monsieur Peppino a au moins l'avantage de nous montrer la station balnéaire la plus affreuse du monde, de nature à faire passer les plus massives HLM staliniennes pour des palais miroitants. C'est le Villagio Coppola, non loin de Naples, où vit Valerion, un grand éphèbe qui ne sait plus trop où il va. Il n'hésite donc que peu à larguer compagne et travail quand Peppino, un drôle de petit bonhomme, lui propose de l'engager dans son atelier de taxidermiste. Il est même prêt à oublier les rumeur qui lient son nouveau patron à la Camorra, comme des étranges attentions que celui-ci semble lui porter. Au cours d'un mystérieux voyage dans le nord de l'Italie, Valerio rencontre Deborah et impose son couple naissant à Peppino. Alors que le film se déplace vers les plaines brumeuses de la vallée du Pô, le malaise qui flottait entre les deux amis éclate au grand jour. Peppino est un film maladroit mais inquiétant. La seule séquence de la rencontre entre Valerio et Peppino, qui est en partie filmée en caméra subjective à travers les yeux d'un ibis du zoo, mérite l'excommunication de notre panthéon personnel. De plus, les grandes différences de taille et de physique entre Valerio et "le nain" Peppino font que les fréquentes scènes de dialogue n'évitent pas certaines routines de mise en scène. On ne peut pourtant manquer de remarquer la force de cette relation de vampirisme qu'exerce Peppino, et à travers lui le poids de certaines institutions italiennes, sur le jeune couple. L'observation quasi entomologique à laquelle s'adonne Matteo Garrone de ces trois personnages, leur triangle amoureux sur fond d'atmosphère oppressante aux relents criminels, rachète quelque peu le film à nos yeux. |