Parfum de Violettes (Perfume de violetas), de Maryse Sistach
sortie le 17.12.03

Premier volet d'une trilogie sur la violence de l'adolescence réalisée conjointement par Maryse Sistach et son mari José Buil, Parfum de Violettes, sous-titré Personne ne t'entend, a connu un grand succès au Mexique avec cinq récompenses aux Ariel en 2001, ce qui nous amène à nous interroger sur l'état du cinéma mexicain dont, en l'absence prolongée d'Arturo Ripstein, on reçoit bien peu de nouvelles.

Centré sur deux adolescentes, il s'agit d'un film d'apprentissage que l'on qualifiera de hard-boiled comme le terme littéraire qui définit si bien le roman noir violent. Yessica a la vie rude, elle connaît la misère et les brimades de sa belle-famille. Apparemment, elle fait front en se réfugiant derrière violence et provocation, mais la nuit, elle craque et fuit (dans les deux sens du terme). Miriam a une existence plus heureuse, même si sa mère, célibataire, la protège d'une main de fer. Quand Yessica débarque dans son nouveau lycée, elles vont devenir amies.
Pourtant, Miriam ne saura, pas plus que les adultes, interpréter les cris d'alarme de Yessica, vendue par son (faux) frère aux pulsions d'une brute. Et le paiera d'autant plus cher qu'elle n'est pas une de ces adultes, qu'elle était son "amie".

Pétri de bonnes intentions qui suintent à travers l'écran, le film souffre d'une mise en scène trop appliquée, à l'image de l'utilisation caricaturalement simpliste de la musique. Composée (pour ce qui nous a semblé) de "tubes" mexicains, elle s'ajoute telle les couches de maquillage dont les deux adolescentes aiment à se recouvrir le visage, en emplâtre. Et si la violence reste effectivement hors champ, elle est immédiatement sur-signifiée par des guitares hard-rock. L'impact mélodramatique s'en trouve grandement affaibli.

Grégoire Dubost.