In the Cut, de Jane Campion
Sortie le 17.12.03

Difficile d'avoir toute la journée le sexe à la bouche sans avoir personne dans son lit. Ses recherches sur le vocabulaire argotique, sa demi-sœur qui vit au-dessus d'un bar à hôtesses, tout rappelle à Franny son manque. Aussi le flirt qu'elle entame avec un inspecteur qui enquête sur un serial-killer particulièrement sanglant tourne-t-il vite à la passion sensuelle, puissante et irréfléchie.

Mais le thriller, comme la romance, reste atone. Il apparaît qu'ils n'intéressent pas plus Jane Campion que la ville de New York qu'elle filme pour la première fois et dont elle promettait pourtant de faire grand cas. En guise d'hommage artistique à ceux qui, comme Scorsese, ont représenté la ville dans les années 70 ne subsiste qu'un personnage d'énorme père-maquerelle qui, comme Harvey Keitel dans Taxi Driver, n'empêchera pas le sang de couler. Le reste se perd sous un monceaux d'oripeaux pseudo-artistiques destinés à souligner la dimension "psy" du film. L'image tantôt embrumée, tantôt mouillée qui, toujours au plus près des corps se noie dans des flous constants et mouvants manque pourtant de nous ouvrir l'esprit de Franny. Certes, ses fantasmes semblent parfois se réaliser mais la représentation très kitsch de ses véritables rêves, par l'intermédiaire de son passé pré-conceptuel, achève cet effet déjà moribond. Film américain, In The Cut l'est surtout par son scénario de thriller avec son lot de fausses pistes et son inévitable rebondissement final.

Grégoire Dubost.