Merci… Dr. Rey !, de Andrew Litvack
sortie le 03.12.03

Plein de rebondissements relativement prévisibles et fort d'un casting relevé, le premier film d'Andrew Litvack ressemble à un pendant américain et psychanalytique des "fantaisies" de Jeanne Labrune. Soit un même fourre-tout de situations qui brassent objets et situations récurrentes, qui laissent aux acteurs le champ libre, avec pour tâche de l'investir et le faire vivre.

Thomas a vingt-trois ans. Fils d'une insupportable diva qui revient à Paris pour un spectacle, il cherche l'âme sœur la nuit sur les réseaux téléphoniques gay. Embauché pour observer du fond du placard les ébats d'un autre couple, c'est à un meurtre qu'il assiste. Mais on quitte rapidement le domaine du possible : abattu, Thomas pense trouver soutien auprès du Dr. Rey mais se confie en fait à Pénélope, la patiente frappée qui vient de découvrir que sa psychiatre avait rendu l'âme. Le tout pour apprendre que l'homme qu'il a vu tuer était son véritable père, qu'il avait toujours cru mort avant sa naissance.

Les effluves du space-cake que Thomas se confectionne au début du film et contamine petit à petit tous les personnages auraient-elles traversé l'écran ? Toujours est-il que l'on semble nous-même participer l'hallucination collective que constitue le film. Les acteurs font ce qu'ils peuvent pour donner à cette succession de rencontres pseudo-fortuites et de mauvais gags un peu d'allant, tout en sachant qu'au petit matin, ils se retrouveront, grelottants dans une vieille caisse avec une grosse gueule de bois, à sursauter à l'approche de la moindre voiture de police.

Grégoire Dubost.