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Furet, de Jean-Pierre Mocky
sortie le 29.10.03 Dans sa note d'intention, l'infatigable Mocky déclare avoir voulu réaliser le "prototype" d'une comédie hors du commun, qui porte l'atmosphère d'un auteur. Et de citer Capra ou Carné. Le Furet n'est sans doute pas aussi novateur, ni aussi mémorable que Mocky semble le vouloir mais il correspond tout à fait à l'idée que l'on se fait d'un de ses films tant il baigne dans une atmosphère de comédie populaire plutôt potache. Jacques Villeret y incarne un petit artisan serrurier, hargneux et ingénieux, aimant et ambitieux. Lassé de ne vivre son rêve qu'à travers les films noirs qu'il loue, il s'imagine déjà en tenir le premier rôle, en costard, une blonde à chaque bras. Pour cela, il devient l'insaisissable tueur de petits voyous que la presse surnomme rapidement "Le Furet". Il est en réalité manipulé par Don Anzio (Michel Serrault, impeccable de drôlerie), un ancien spahi misanthrope, petit truand sur le retour qui lui a promis, s'il faisait ses preuves, de le faire entrer dans la prestigieuse bande de Don Salvadore (le royal Michael Lonsdale)… bien qu'il ne connaisse pas ce dernier. Le Furet peut donc mettre en avant un casting prestigieux, complété par des apparitions de Karl Zero (très mauvais) et Dick Rivers (hilarant en gangster old school). Signe d'une (relative) profusion de moyen, dont Mocky, à l'image de son personnage principal, a toujours rêvé sans jamais obtenir depuis ses gros succès des années quatre-vingt (Y a t-il un Français dans la salle ?, A mort l'arbitre !) – et ceci aussi bien pour produire ses films que pour faire survivre son cinéma, le Brady dans le X° arrondissement de Paris. Pourtant, le film qui alterne les scène de façon assez routinière (à l'image des meurtres perpétrés par le Furet), réussit à paraître un peu long, malgré sa durée de moins d'une heure et demi. Au vu des autres comédies françaises qui sortent ces temps-ci, cette contre-performance lui assure de se maintenir dans le haut du panier. |