La Couleur du mensonge, de Robert Benton
sortie le 29.10.03

Adapté du roman de Philip Roth La Tache, La Couleur du mensonge est une indescriptible catastrophe. Quelques doses de thriller dans une romance mélodramatique annihilent presque complètement le propos, racial et intime, du livre.

Ancien doyen de l'université d'Athena qu'il a remise sur pied, Coleman Silk (Anthony Hopkins) est injustement accusé de racisme à l'encontre de deux étudiants. Excédé, il démissionne avec d'autant plus de fracas que la nouvelle foudroie son épouse. Amer, il décide de contacter un écrivain en panne (le grimaçant Gary Sinise) pour qu'il écrive à sa place le livre qui l'obnubile : la dénonciation de l'hypocrisie du politiquement correct. Nathan refuse, mais ils deviennent amis en dansant sous la véranda devant un long travelling nocturne.
Nathan va petit a petit apprendre à connaître la vie de Coleman, de sa liaison passionnée avec une jeune femme paumée et persécutée à son secret, celui qui l'a amené à construire toute sa carrière sur un mensonge. Rattachée à la va-vite à l'intrigue principale, l'histoire d'amour crépusculaire et les développement qui s'y rapportent sont d'une profonde médiocrité. En particulier, Benton réussit à extirper de deux scènes de danse intime toute trace de sensualité. Quant au secret, il se manifeste avec une dérangeante violence au cours d'une scène de boxe, pourtant très desservie par sa chute inutile. Rien d'étonnant, finalement, pour cette adaptation filmée de façon pataude et insistante.

Grégoire Dubost.