Les Invasions Barbares, de Denys Arcand
sortie le 24.09.03

Peut-on véritablement critiquer un film que l'on a pas vu en entier ? Probablement, mais pour ne pas risquer de chagriner quelques esprits intègres, on se contentera ici d'évoquer la première heure du film. Après quoi on quitta la salle, dévasté.

Autour de Rémy, infatigable bavard et jouisseur à l'article de la mort, se retrouvent ses amis, ses ex (officielles ou non) et leurs rejetons, bien décidés à l'accompagner en continuant ce qu'ils savent faire de mieux : critiquer tout le monde, sans chercher à rien faire qui ne les concerne pas directement. Ainsi, après une exposition de l'état des hôpitaux québécois digne d'un reportage pour le 13h00 de TF1, on est ainsi bien heureux de renouer avec son fils honni, capitaliste à œillères (avec portable intégré), mais suffisamment riche pour réserver à son père tout un étage d'hôpital. Ou de cautionner le trafic international d'héroïne pour soulager la souffrance de l'insupportable rigolard. Heureusement, comme ils sont quand même tous gentils, cela servira quand même à sortir en plus une fille en détresse du marasme.

Débordant de ce discours égotiste gavé de mots d'auteur, filmé selon un principe immuable (plan serré sur le plaisantin, éclat de rire général en plan d'ensemble), on s'interroge toujours sur les obscures raisons qui ont fait qu'à Cannes, le jury par ailleurs plutôt digne de confiance, ait pu décerner deux prix à ce navet francophone.

Grégoire Dubost.